Les Aigles Verts
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La France après guerre

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La France après guerre Empty La France après guerre

Message  Hick22 Sam 30 Sep 2017 - 11:12

Comme chacun le sais, la France est toujours meurtris par les restes la seconde guerre mondiale... Régulièrement des bombes, mines et autres munitions sont découvertes et détruites par les services du déminages...



Mais d'autres se sont sacrifiés bien avant la sécurité civile et ses normes drastiques de déminage...
Je veux parler ici de prisonniers de guerre qui bien après la fin de la guerre, sont mort pour déminer notre beau pays. Personnages oubliés, aux conditions proches de la rébellion, traités récemment dans un magnifique film de Martin Zandvliet, Les Oubliés.

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Le film s'inspire de faits réels, à peine décrits dans les livres d'histoire, et raconte l'histoire de prisonniers de guerre allemands envoyés au Danemark après la Seconde Guerre mondiale pour déminer et éliminer les plus de deux millions de mines que les Allemands ont placées dans le sable le long de la côte. On estime que plus de 2 000 soldats allemands ont été contraints de les retirer et que la moitié d'entre eux ont perdu la vie ou ont été démembrés.

Avec eux se sont bien souvent des civils sans formations, qui participent aux premières opérations de déminage afin de rendre notre pays viable à l'agriculture et au tourisme....

C'est le thème de cet ouvrage que je vous propose à la lecture, ouvrage découvert récemment grâce à des rencontres sur les camps que nous effectuons, et c'est avec plaisir que je le partage.

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Ecrit par Danièle VOLDMAN, Agrégée d’histoire, titulaire d’une maîtrise d’urbanisme, elle a soutenu sa thèse de doctorat d’État sur la reconstruction des villes françaises après la Seconde Guerre mondiale en 1995.
Depuis, tout en restant spécialisée en histoire urbaine (évolution du métier d’architecte, histoire des formes urbaines, question du logement), ses champs de recherche se sont diversifiés : outre une approche comparée des deux conflits mondiaux d’un point de vue social et urbanistique, ses travaux ont porté sur les fonctionnements urbains au cours du vingtième siècle, sur l’histoire du logement, sur les conséquences des guerres dans l’organisation des villes, sur les rites funéraires des sociétés en guerre aux 19e et 20e siècles et sur les conséquences des deux guerres mondiales du 20e siècle dans les rapports de genre en France et en Europe.
Après avoir fait partie de l’équipe de l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS), Danièle Voldman a rejoint le CHS en avril 2005.
Elle en a été la directrice adjointe d’octobre 2006 à décembre 2009.

Cet ouvrage regroupe des cartes, procédures te récits de civils mort, mutilés ou sauf pour procéder avant l'heure au déminage.


La France après guerre Image10

Source site DEMINEX.fr

Le 29 aout 1944, une compagnie du génie d’assaut, composée de six sections de volontaires qui voulaient s’engager aux cotés des alliés, voit le jour.
Entièrement dotée par l’armée britannique qui leur fourni tout : l’habillement (le 12 septembre), la nourriture, matériel, mais aussi l'instruction, ouvrirent dans Bayeux libéré, une école de déminage.
Cette structure, sous la responsabilité d’une section du Royal Engineers de la Ière Armée, forma les recrues bientôt rejoint par une deuxième compagnie.
La fusion des deux compagnie donnait naissance au 3ème Bataillon du génie, placé sous le commandement du Capitaine FERAUDY.
Les cours avaient lieu sous forme de stage d’une semaine, alternant : explications théoriques sur les types de mines et allumeurs, manipulations d’engins ramassés sur le champs de bataille et rassemblés en musée, démonstrations et maniement des détecteurs…
Deux après midi sont réservées aux révisions et deux autres sur le terrain.
A l’issue de cette semaine, la section œuvrait sur des champs de mines réels, durant une semaine, encadrée par une section Britannique.
Le 29 décembre 1944, toutes les recrues ayant été instruites, l’école ferma ses portes.



Le bataillon ouvrit en propre une école a Houlgate ; là aussi, il fut constitué un musée pédagogique abritant la panoplie des mines récupérées dans les champs.
Pour assurer un suivi et perfectionner le dispositif,ils préparèrent une documentation facilement utilisable qui a conduit, à faire imprimer le 1er volume texte et un volume planches.
mars 1945 dans les ateliers de Dives (imprimerie Nationale) deux volumineux opuscules  intitulés :
Instruction provisoire sur les mines terrestres et les pièges.
Règles de déminage.
Ce précieux guide donné au Représentant Régional, (Capitaine de Vaisseau LEPORTIER) fut par la suite la Bible des démineurs maintes fois réédités par les Écoles Régionales.
Ce Centre mis aussi au point les règles de sondage et de détection pour tous sapeur, quel que fut sa formation ou son origine.

Les cours comportaient trois niveaux

   Instruction primaire destinée aux troupes.
   Une formation plus poussée donnée aux cadres ‘note de fin de stage qui déterminait leur avancement
   Deux cycles de perfectionnement destinés aux officiers et sous officiers du bataillon afin d’assurer l’homogénéité des méthodes et faire connaître les derniers enseignements sur les mines.

Le Centre fonctionnait au printemps 1945, au profit des militaires et civils du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) en service dans le Calvados et l’Orne.
La démobilisation en mai 1945, mis fin au 3ème bataillon dont certains furent recrutés par le MRU.


Le centre de formation d’ Houlgate perdurera jusqu'à la fermeture des écoles de déminage en avril 1946 sous la Direction de Jacques KAIL, Ancien lieutenant colonel rendu à la vie civile en 40 ; le Directeur adjoint,Louis Bertrand, chargé de cours, a pris la Direction de l’école de Lege à sa création.
A Cabourg, le service s’était charpenté sous la responsabilité de M. Champeaux, spécialiste en explosifs.
Marcel Piattier, directeur adjoint, chef démineur est chargé de cours :
Dessinateur naval, de retour de déportation, a intégré l'école de Septeuil, et en sorti major ; il terminera sa carrière au Déminage, Chef de Centre de Caen.

Grignon, en région parisienne,est l'école des cadres du Ministère de l’Agriculture (Génie Rural).
En septembre 1945, le Génie Américain (au repos) mis en place une formation à l’attention des futurs cadres et démineurs chargés de mettre en œuvre le Déminage.
Bon nombre de candidats répondent à l’appel lancé le 10 octobre 1944 par le Ministère ,aux volontaires parmi les personnels du Génie Rural.

Une formation sur deux semaines (8 jours), est dispensée répartis pour moitié entre théorie et pratique sur terrain miné fictif et une journée sur terrain réel.
Dispensé en Anglais, la traduction est effectuée en simultané par l’Ingénieur en Chef du Génie Rural :Jacques Garancher.

Ces huit jours étaient une durée jugée suffisante au regard du personnel de qualité présent :Ingénieur, contractuels du Génie Rural, etc…qui pouvaient réfléchir par la suite sur l’enseignement reçu, relire les notes et les mettre en ordre.
Une partie de ces personnels initialement destinés à faire de l’instruction dès la sortie du stage, instruisent effectivement au sein de nouvelles écoles. Les autres seront chargés de la mise en ouevre du déminage dans leur département respectifs : structurel, recrutement, formation, véhicules, locaux etc…
L'école de Grignon arrêtera sa formation le 1er novembre 1944.


Février 1945, L'école de Cabourg fut fondée par le Service du Génie Rural du Calvados avec dans un premier temps , des instructeurs militaires qui ont participé aux cours de GRIGNON.
Destiné à instruire les équipes de Déminage, trois instructeurs se relaient pendant trois semaines (18 jours) au bénéfice de 25 élèves au maximum.
Les cours sont ceux de Grignon, mais une semaine de pratique sur terrain réel ajoutée, permet une solide instruction pratique.

L'école de Beaucourt: Territoire de Belfort crée par le Génie de la 1ère Armée,chargés de former les unités de cette armée pouvant intervenir quand un problème de mines se posera. La durée du 6 jours ne laisse que peu de temps à la pratique.

L'école de Marseille: crée en octobre 1944 par le Service Régional du matériel , l’instruction vise à former le personnel d’encadrement des équipes (souvent des prisonniers allemands) qui procèdent aux travaux de déminage. La durée de 9 jours, sensiblement la même que Grignon, appela quelques réserves.

École de Paris en novembre 1944, avait pour but de former un personnel apte à diffuser l’enseignement sur les mines dans les diverse unités de l’Armée Française, pour limiter le risque de paralysie d’une unité devant un problème de mines, en l’absence des spécialistes. D’une durée de 12 jours dont dix et demi de solide instruction théorique,ne pouvait convenir à des « ouvriers démineurs » qui ne pourraient être lancés sur un terrain miné après cette seule instruction. Par ailleurs le nombre de participants fixé à 100 est trop considérable.


Le 5 mars 1945, Le ministre demande par la note CG 30 d’établir un état des lieux des zones minées, de faire toute publicité en vue du recrutement, et d’envoyer en accord avec la Direction du Matériel, les personnels en formation au sein des écoles militaires existantes :
Paris – Bayeux – Angers – Clermont Ferrand – Toulouse – Montpellier – Lyon.

Les Représentants avaient créé dès leur nomination des écoles un peu partout. On en comptait 33 localisées à :
Calais – Vimereux – Le Touquet – Berck – Amiens – Dieppe – Le Havre – Houlgate – Cabourg – Granville – Hague – Evreux – Saint Pair sur Mer – Saint Malo – Saint Brieuc – Quimper – Paris - Bordeaux – Bordeaux – Biarritz – Toulouse – Pavalas les flots – Marseille – Hyères – Cannes – Antibes – Nice – Menton – Besançon – Epinal – Nancy – Strasbourg - Colmar.


Dirigées par des praticiens ou des spécialistes, presque toujours d’anciens militaires, dont les résultats avaient permis d’entreprendre sans autre délai, le déminage avec une main d’œuvre civile. L’enseignement tel qu’il était pratiqué,(cours montés à la hâte sans support….) était à l'appréciation de l’enseignant : Celui-ci transmettait ce qu’il connaissait ou avait retenu, en laissant souvent dans l’ombre l’essentiel.
La note DME n° 8 de la Direction prends en compte le rapport Diamant et fixe, outre les règles générales les contenus et les programme à enseigner. Trois types d'école sont détaillées en fonction de leur but à atteindre :

École de type A :
Chargée d’instruire le personnel dit « tout venant » (essentiellement des prisonniers de guerre), à former en grand nombre, ne disposant pas de connaissances spéciales, et dont l’activité devait se résumer à la détection à la baïonnette.
L’instruction se déroule en cinq jours :
Un jour pour la présentation de la méthode, des engins susceptibles d’être rencontrés, les allumeurs, et un peu de manipulation d’engins.
Deux jours sont consacrés à des exercices pratiques sur un terrain d’exercice.
Deux jours à la recherche d’engins sur terrain réel, encadrés par des instructeurs. (1 pour 20)


École de type B :
Chargé de l’instruction de la main d’œuvre Allemande de qualité, anciens artificiers, la main d’œuvre Française d’encadrement ou d’exécution.
Un stage de 15 jours, suivi d’une semaine de déminage pratique sur la terrain.
Trois notes sont attribuées aux stagiaires à l’issue permettant d’évaluer :
- L’aptitude éventuelle à faire de l’instruction
- Le niveau de qualification acquis : Bon ouvrier – apte au piquage – inapte.
- L’aptitude éventuelle à exercer les fonctions de contrôleur.
La moyenne nécessaire pour être admis est fixée à 14/20
Chaque Département est chargé de la création d’une école de type B


École de type C

Parmi les anciens démineurs travaillant sur les chantiers, on a trouvé suffisamment d’anciens élèves des grandes écoles ou licenciés des facultés pour créer les cadres avec des praticiens.
C’est avec ces éléments actifs du Déminage que l’on a formé les Instructeurs des écoles régionales, les contrôleurs techniques, les chefs et sous chef de section, à l'école Normale de Déminage créée à Septeuil le 1er juin 1945
L’enseignement normal dure 15 jours.
Le programme, plus technique et plus détaillé, est sensiblement le même que celui des écoles de type B.
Il n’est par ailleurs accessible qu’aux élèves ayant déjà une bonne formation générale.

Ouverte sous la houlette de H. DIAMANT, elle était ensuite dirigée par l’Ingénieur DION.
L'Instruction était dispensé par:
M. THEVENIN et LAROCHE : Cours mines et allumeurs, neutralisation et destruction; et détection
M J. VERNE : Cours détaillé sur les poudres et explosifs, conservation et destruction.
M. J. GARANCHER : Topographie et utilisation des plans Allemands.
M. BIAGE : Administration du Service de Déminage
Docteur CHABRIER : Soins à donner aux blessés

En vue de leur reclassement, les Démineurs ont subi des tests psychotechniques mis au point par la Compagnie d’Organisation Relationnelle du Travail.


Dès l’automne 1945, la restructuration des représentations départementales et de la Formation, la DFP 160 du Directeur du déminage, est l’acte fondateur des écoles régionales de déminage et leur assigne deux objectifs en ce qui concerne le personnel Français :
- Formation professionnelle des nouveaux démineurs que la Direction du Déminage peut être appelé à engager.
- Perfectionnement des Démineurs en Service : Certains n’avaient pas eu de formation et d’autres l’ont été de manière insuffisante ou précipitée. ( 8 jours)
Six centres sont directement opérationnels :
Pavalas les flots – Houlgate – Vimereux – St Brieuc – Lege – Neuf Brisach :


Dernière édition par Hick22 le Dim 1 Oct 2017 - 18:09, édité 1 fois

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Message  Invité Sam 30 Sep 2017 - 13:20

tres interressant !!


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Message  anthony14 Mer 4 Oct 2017 - 18:51

super intéressant ton article tout comme le film au quel on s'attache très rapidement
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